ULTRAMAN A 50 ANS

03
Nov
2016

Créé en 1966, la première série, suite d’Ultra Q qui n’avait pas de géant mais bien une patrouille scientifique, Ultraman continue de réjouir petits et grands. Quelques séries plus récentes de la saga –

ULTRAMAN TOWARDS THE FUTURE – Andrew Prowse, 1990, Australie-Japon, 12 épisodes 

Au début des année 90, les studios Tsuburaya cherchent à partager les coûts d’une série nouvelle d’Ultraman, aux effets spéciaux onéreux. Ce sera cette année là les Australiens qui co-produiront la série de 12 épisodes aux accents de fable pro-écologique. Jack Shindo (Dore Kraus) est sur la surface de Mars lorsque lui et son co-équipier rencontrent le superhéro interstellaire en pleine bataille monstrueuse. Ultraman le sauvera lorsque son vaisseau et son compère explosent en finale de combat. Shindo se retrouve sur terre au moment ou l’entité rencontrée sur Mars s’est fractionnée et propulsée sur terre, transformant diverses créatures en monstres géants. Il se joint alors à l’équipe d’Arthur Grant (Ralph Cotterill), la patrouille scientifique de cette époque. Ces transformations se poursuivent sur 6 épisodes, suite à quoi on a des aventures autonomes, dont on retiendra surtout celle du « Tasmanian devil », tentative de l’équipe des effets de recréer la bête tel que connue dans les dessins animés de la Warner ! Les deux derniers épisodes mettent en vedette une prophétie vielle de milliers d’années ou le troisième « monstre » qui veut détruire les habitants de la terre est nulle autre que la planète Terre.

Premier changement majeur et cosmétique: le costume d’Ultraman est en lycra au lieu du caoutchouc que nous apprécions tant. Les scénarios et monstres étant conçus au Japon, on a droit au type de monstres habituels avec une différence: beaucoup de monstres sont des marionnettes ou animatronique non habités par des cascadeurs, ce qui permet des looks différents. Il y a dans l’équipe réduite la belle Jean Echo, jouée par Gia Carides. Je me rappelais avec plaisir de cette petite brune qui dégage une sensualité qui n’arrivera jamais à troubler son confrère, mais qui avait de l’effet sur le spectateur. Preuve qu’Ultraman mène à tout, Miss Carides a joué plus tard la bombe sexuelle Robin Spitzswallows dans le deuxième Austin Powers, et plus récemment elle était dans My Big Fat Greek Wedding. On a aussi le scientifique qui ne parle que de manger, clin d’oeil à Ito de la série originale. Ajoutez une asiatique qui parle difficilement l’anglais pour faire plaisir aux Japonais et un noir pour accentuer le concept de force internationale et le tour est joué.

L’accent est mis sur l’écologie, Ultraman ne pouvant rester sur terre plus de trois minutes à cause de la pollution atmosphérique. L’épisode de la biosphère nous prévient des dangers de trafiquer mère nature, alors qu’un autre parle de l’épandage d’insecticides pas convenables. Les monstres sont en général bien réussis tandis que les miniatures manquent un peu de détails. On se reprend sur les explosions et effets pyrotechniques sur lesquels on a mis le paquet. La surabondance d’effets digitaux jure pas mal, on a beau être sur le petit écran, ils ont mal vieillis et étaient déjà souvent malvenus à l’époque.

La série est donc en général fort satisfaisante, les défauts étant le plus souvent moins nombreux que les qualités. L’humour est parfois trop omniprésent, mais les combats, sans être aussi spectaculaire que ceux orchestrés par des japonais, méritent le détour. Un bon voyage dans le temps. La prochaine co-production se fera avec les américains, avec des résultats beaucoup moins intéressants.

ULTRAMAN DYNA – Tsuburaya Production avec Takeshi Rsuruno, 1997-1998, Japon, 51 épisodes, 24m, version originale japonaise

Suite de Ultraman Tiga. En l’an 2017, neuf ans après le dernier épisode de Tiga, la patrouille scientifique a prit de l’expansion dans le système solaire et créé une nouvelle équipe « Super Guts ». Les humains ont débuté le « terraformatage » de Mars et d’autres planètes dans ce qu’on appelle maintenant la néo frontière. Voilà qu’une race extraterrestre appelée Spheres attaque et crée des monstres géants. Asuka, membre nouveau de Super Guts, va fusionner avec un géant de la race de la nébuleuse M78 qui sera nommé Ultraman Dyna.

Série plus légère que la précédente, Ultraman Tiga, avec une équipe plus humoristique. C’est d’ailleurs la première fois que le héros est également régulièrement le comique de l’équipe ! Un patron tonitruant, une jolie co-équipière très sérieuse, une agente de communication, Mai, jeune et enjouée et des coéquipiers à la chevelure impeccable, sans oublier une véritable mascotte, Hanejiro, espèce de petit pokemon volant. Les épisodes voguent aussi du farfelu, ces trois extraterrestres qui se font passer pour des humains mais qui changent d’aspect en éternuant, au monstre plus rigolo, tel ce gros balourd dont le cri endort tout le monde ! Les enfants sont encore au coeur de nombreux épisodes, et on est plus souvent dans l’espace, sur des planètes récemment découvertes qui renferment de mauvaises surprises. Les effets spéciaux font de plus en plus appel aux trucages digitaux, mais à la base il y a toujours ces costumes en caoutchouc et ces décors miniatures qui font le bonheur des habitués. Si quelques monstres passés refont surface, le bestiaire est plus souvent qu’autrement original et souvent coloré. Comme dans toutes les séries de Supermarionation, un épisode de rêve complètement loufoque propose des versions très ludiques de Super Guts mais aussi de l’équipe précédente. Les jeunes amateurs et les plus expérimentés qui ne prennent pas la chose trop au sérieux devraient être comblés.

ULTRAMAN NEOS aka Urutoraman Neosu -Tsuburaya, 2000-2001, 12 épisodes format 30m, direct to video

17ème série d’Ultraman ! Série unique en ce qu’elle se situe dans un univers parallèle. L’introduction nous parle d’un passage à tous les trois millions d’années, de la Terre dans une zone de matière sombre, qui produit, engendre, ou fait naître ces univers parallèles. Donc ici, la Terre, surpeuplée, est de plus en plus en proie à des évènements extraordinaires, et cette « dark matter » va empirer le tout. Alors les monstres géants se pointent et l’organisation appelée HEART, bel acronyme, essaie de contenir les menaces. Ajoutez une histoire récurrente avec les Zamu, une race extraterrestre menacée d’extinction, pas un mais deux frères de la Nébuleuse M-78: Ultraman Neos et Ultraseven 21.

La série continue l’intégration d’effets numériques de plus en plus nombreux, mais garde toujours les monstres en costume caoutchouteux ! Exception avec une « montagne russe » de parc d’attraction, en forme de tricératops, qui va prendre vie. Les monstres sont toujours diversifiés et l’équipe d’acteurs ne manque pas d’intérêt. Le design des costumes est un peu banal, comparé à des excès passés ou des essais futurs plus dynamiques. Bref, c’est une bonne dose de tokusatsu pour amateurs de la série qui ne rechigneront pas à suivre les aventures du jeune Neos !

ULTRAMAN NEXUS – 18ème série d’ULTRAMAN, 2004-2005, Japon, 37 épisodes 25m 

Komon est traumatisé car il a « figé » lors d’une opération de sauvetage et il se demande s’il a choisi le bon métier. Attaqué par un monstre, il est sauvé par un géant, ULTRAMAN et contacté rapidement par la TLT. Enrôlé par l’organisation, il apprend que la terre est visitée depuis un certain temps par des bêtes monstrueuses extraterrestres, dites « Space Beasts » et que la TLT est occupée à les combattre. Les monstres se gavent d’humains et l’apparition du géant n’est pas perçue comme positive dans un premier temps. Komon va de surprises en surprises, car tous les humains en contact et survivants de ces rencontres ont la mémoire effacée par la MP, la « memory police » qui efface toute trace des monstres (comme dans MEN IN BLACK). Amoureux de la jolie Rico, il apprendra que celle-ci est morte depuis un an et est manipulée par les forces extraterrestres. Étant d’abord seul à connaître l »identité de l’homme qui se transforme en ULTRAMAN, Jun, un photographe de guerre traumatisé, il cherchera a connaître la vérité sur Ultraman, les monstres multiples, l’implication du gouvernement et des scientifiques.

Si la série précédente, ULTRA Q DARK FANTASY était la première à s’adresser à un public plus mature, celle-ci est carrément dans le sillon d’X FILES (la recherche de la vérité, les patrons pas très nets, jusqu’à une version japonaise des LONE GUNMEN), avec des clins d’oeil au 11 septembre (les monstres se nourrissent de Terreur !), de Matrix, voir les vêtements des méchants, ou de John Woo lors d’un duel à l’arme. Le ton est donc très sombre, amour perdu, horreurs de la guerre, trahison, méfiance justifiée envers les autorités, et cadre assez mal avec une série qui était diffusée à 7h30 le matin ! Elle a quand même eu du succès auprès des fans, par le format feuilleton qui progresse qui culmine vers un triomphe et une victoire attendue et très bien amenée. Car la mythologie créée, aux relents d’EVANGELION, est fascinante et cohérente. Les monstres sont visuellement très travaillés, reviennent sur quelques épisodes car ils apprennent de leurs erreurs et s’adaptent aux attaques, modifient leurs stratégies. Nexus va lui aussi, pour la première fois, changer d’humain en cours de route, les attaques épuisant les deunamist, terme employé pour dénommer les hommes ou femmes choisies par « la lumière ». C’est aussi un récit initiatique pour Komon qui, d’un personnage qui doute de tous et de lui-même, trouvera tranquillement des réponses à ses questions et triomphera dans un final magistral

Il y a bien une tendance très forte dans les téléséries et téléfilms japonais, qui se confirme encore, de meubler les séquences tranquilles entre deux combats de titans avec des mélodrames mielleux qui ralentissent les épisodes. Concession au public féminin ? probablement. Mais on ne s’offusque pas trop, sauf lorsque Komon après tant d’exemples probants, continue de croire sa copine vivante, sapristi ! Belle idée cependant, Ultraman créé une méta-zone ou il peut se battre en paix avec les horrible bibittes sans mettre en danger les populations locales. Bon, on sauve aussi sur la fabrication de buildings miniatures, évidemment. D’ailleurs la finale se passera en plein centre ville et est spectaculaire.

J’ai donc dévoré la série rapidement et je la recommande à tous les amateurs. Oui monsieur !

ULTRAMAN MAX, 2005-2006, Japon 

N’écoutant que mon plaisir et me rappelant le bonheur à regarder la série précédente: ULTRAMAN NEXUS, j’ai commencé à regarder la dernière série sortie en dvd à Hong Kong ! MAX rend régulièrement hommage à la série originale en reprenant les monstres classiques, en plus de reprendre des acteurs de la belle époque. Les effets spéciaux sont toujours plus forts, les effets digitaux sont superbes, même si les vaisseaux sentent encore la maquette, Mais si on aime pas les maquettes qui en ont l’air, on apprécie probablement pas une telle série au départ. Après 2 premiers épisodes corrects, on démarre en grand avec des épisodes doubles, ramenant le célèbre petit PIGMON ou encore un visiteur de l’espace qui est un ersatz de GALACTUS, venu détruire la planète. L’équipe scientifique, dont les quartiers généraux sont à Paris ( ! ), intègre une femme robot fort mignonne et parfois drôle. Un acteur visiblement américain d’origine est régulièrement à la base des blagues pas toujours très adultes, nous rappelant que l’on est encore dans une série pour jeunes, au contraire d’un ULTRAMAN NEXUS qui était très sombre. En tout cas, c’est encore en général palpitant pour les amateurs de gros monstres en caoutchouc dont je fais partie !

ULTRA GALAXY DAIKAIJU BATTLE avec Shota Minami, 2007-2008, Japon, 13 épisodes 25m

25ème saison de la célébrissime série Ultraman, inspirée d’un jeu vidéo. Sur seulement 13 épisodes, offerts pour la première fois à la télé à la carte au lieu d’un passage sur un réseau japonais. Cela fait 50,000 ans qu’aucun monstre n’a attaqué la terre. C’est la ZAP Patrol en mission dans l’espace qui va répondre à un signal de détresse sur une planète ravagée par les monstres. Ils prendront avec eux Rei, souffrant d’amnésie, mais qui contrôle deux monstres avec un appareil spécial. Ils en auront besoin, car la planète est carrément remplie de monstres que reconnait le spécialiste de l’équipe.

On voit rapidement la comparaison facile avec l’univers de Pokemon avec un appareil qui attrape et relâche des monstres qui combattent pour le maître. Il ne faut pas être pressé de voir Ultraman, qui ne sera là qu’à la dernière minute. Rei a un lien avec le géant qui semble figé dans la pierre à flanc de montagne. Par bonheur, car inspiré d’un jeu vidéo constitué de combats de monstres classiques, nous avons droit à un véritable festival de batailles très physiques, proche de la lutte de la WWE, avec prises multiples, savates, coups de boule, tout y passe entre les géants de toutes les séries, d’Ultra Q à Mebius. Il fait donc plaisir de revoir Gomorra en monstre principal ou voir de retour le toujours populaire Eleking. Le ton est sérieux mais l’humour a parfois sa place. Comme souvent dans la fiction japonaise de genre, l’ennemie est une jolie femme qui nous réserve des surprises. Il restera bien des questions à la fin, qui trouveront probablement leurs réponses dans la suite prévue pour débuter en décembre 2008. Un festin de monstres pour amateurs de kaijus ! Mario Giguère

ultraman



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