Avec le Congrès Boréal qui approche à grand pas (Du 20 au 22 mai à Mont-Laurier), il est tout à fait de mise d’aborder nos coups de coeur parmi les nouvelles littéraires du printemps. Dans un premier temps, voyons les perles obscures que nous offre le numéro 58 d’Alibis. Bien qu’elles aient toutes un petit quelque chose d’intéressant, certaines se sont distinguées par la qualité de la prose ou par le choix du thème à exploiter. Voyons cela de plus près.

Marie-Marthe Alibis no58

Illustration de Bernard Duchesne Alibis no58

La première fiction présentée, Marie-Marthe de Maureen Martineau, donne le ton à ce numéro assez plaisant pour les amateurs de mystère et de noir. Elle met en scène une femme peu éduquée du fond de la campagne dans la région de Trois-Rivières qui fait habilement osciller le lecteur entre sympathie et dégoût. La trame narrative passe ainsi sur des sentiers stimulant les réflexions éthiques. Pour ajouter à l’expérience, la nouvelle est agrémentée d’une fort belle illustration de Bernard Duchesne qui nous met dans l’ambiance.

 

 

mort Capitaine Amerique Alibis-no58

Illustration de Bernard Duchesne Alibis no58

 

Le texte de Geneviève Blouin, La mort du Capitaine Amérique, a sû piquer notre curiosité dès le titre. Toujours aussi férue de sport de combat, elle nous présente Ben, vedette du ring, qui doit se mesurer le héros de son enfance. Il en résulte une description rythmée de l’affrontement qui nous tient en haleine jusqu’à la chute.

Ben est une idole, il le sait. Son corps de granit ciselé peuple les fantasmes des femmes, tandis que les prouesses qu’il réalise durant ses combats font l’envie des hommes. Pour Ben, esthétisme et efficacité sont liés, car la beauté de ses muscles est la conséquence de leur puissance. L’élégance de ses gestes, lorsqu’il se bat, découle de leur perfection technique, de la discipline qu’il s’impose depuis son plus jeune âge, des centaines d’heures passées à défier l’épuisement.

 

Un peu plus loin, Rick Mofina nous présente Jusqu’à ce que la mort nous sépare, qui malgré le titre laissant présager la chute nous a grandement surpris. Sous une présentation originale, l’auteur y fait défiler les événements menant au meurtre présumé de Spencer Dalton. Certain trouveront peut-être l’interrogatoire un peu long. Pourtant, au final, le lecteur comprendra que chaque mot a été habilement choisi pour créer le tourbillon menant au retournement de situation dont nous sommes finalement témoin.

Pour compléter ce numéro avec brio, Camille Bouchard nous plonge dans une intrigue internationale avec son texte intitulé L’Horreur! disait Kurtz. Ses personnages diversifiées et colorées nous guident à travers une trame narrative aux milles implications. Le tout habillement orchestré.

Dans le petit appareil de Bravo Air Congo qui transporte l’ex-directeur de bureau de la DGSE, les moulures en aluminium pendent autour des fenêtres, le tissu des sièges est largement déchiré, les porte-bagages risquent à tout instant de s’affaisser sur la tête des passagers et, pire que tout! Moulin a vu passer sous le banc en avant du sien, une araignée grande comme la main et qui, selon ce qu’il s’en rappelle, provoque des morsures hautement douloureuses.

Soulignons la finesse dans la présentations des richesse africaines en opposition aux maux qui les rongent. Ce texte mérite, à nos yeux, un point de Force pour sa prestance littéraire soutenue ainsi que les personnages attachants qui y sont dépeints malgré les horreurs en toile de fond. Nous attendons avec beaucoup d’enthousiasme le prochain roman de Camille Bouchard: Et Dieu perd son temps (Éditions Alire).



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