Shin Godzilla: pour les vrais fans!

26
Oct
2016

La première fois où j’ai vu Godzilla ça remonte à l’époque ou le débat Beta ou VHS faisait encore rage. Je me rappelle l’excitation de voir ce monstre mythique détruire tout ce qui se trouvait sur son passage. Depuis, j’ai vu plusieurs autres films le mettant en vedettes. Il y a un romantisme et un respect des traditions dans les films de Godzilla. Les effets spéciaux ont évolué rapidement au courant des 20 dernières années. Par contre, Toho est resté attaché aux méthodes traditionnelles tout en incorporant de nouvelles techniques. Ils ont gardé le costume à zipper et les reproductions en cartons-pâtes du paysage japonais. La grande majorité des films de Kaiju, film de monstre en japonais, sont tournés avec peu de moyens.

Le seul autre que j’ai pu voir sur grand écran c’était il y a 16 ans. À l’occasion, il avait sorti sur les écrans nord-américains Godzilla 2000. Beaucoup de gens avaient eu un goût amer de l’aventure américaine de Roland Emmerich et voulaient voir un vrai.

shin_godzilla_us_posterC’est vendredi dernier qu’avait lieu la dernière apparition au grand écran pour Shin Godzilla. Au dernier étage du cinéma Scotia, la salle 12 s’est remplie lentement et la grande majorité étaient des fans tandis que d’autres ont presque été traînés de force. La perspective de voir un film en japonais sous-titré doit faire peur à certains. Une chose est sûre, on est loin des films romantiques, car l’audience est quasi masculine.

Le film est réalisé par Hideaki Anno est aussi le créateur de Neon Genesis Evangelion. Il «reboot» complètement le mythe de Godzilla. Le film est malheureusement très verbeux avec de longues scènes de réunion. Malgré tout, ce film dit beaucoup sur les peurs et inquiétudes du peuple japonais. Godzilla devient le tsunami incarné; une puissante divinité qui vient châtier la ville de Tokyo de ses péchés. Le passage du monstre dans la ville est presque à l’identique à la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Le film commence sur un mystérieux incident dans la baie de Tokyo. Le gouvernement cherche à comprendre ce qui se passe. On passe par d’interminables débats stériles et de comité rigide à la japonaise. Ce sont les rejets et les «weirds» de la société japonaise qui viennent à une solution moins violente. Par contre, les Américains et leurs alliés veulent en finir violemment, mais en risquant d’effacer le Japon. On sent dans le film que le Japon est prit en otage avec sa constitution issue de la Deuxième Guerre mondiale qui l’empêche de se défendre.

Mansai Nomura en train d'effectuer la capture de mouvements pour Godzilla. Image de Wikipédia

Mansai Nomura en train d’effectuer la capture de mouvements pour Godzilla.
Image de Wikipédia

Godzilla a pour sa part complètement changé. Il repose largement sur l’utilisation d’images de synthèse. Au début c’est plus un genre de gros serpent à tête de poisson rampant. Il change de forme et s’adapte pour finalement devenir la créature indestructible. Ça prend du temps avant de voir finalement Godzilla sur ses deux pieds. C’est un monstre abominable et d’une puissance destructrice. Il ne crache plus juste un feu nucléaire de sa bouche, mais son épine dorsale est devenue une batterie de tire de rayon laser omnidirectionnel. L’armée d’autodéfense japonaise ne parvient pas lui faire la moindre égratignure. Même lorsqu’il tombe en dormance, car il a dépensé son énergie, il reste létal. Il est protégé par un système de défense. Comme dans la majorité des aventures solo de Godzilla, il est vaincu par des moyens non militaires.

C’est donc un film à voir pour les fans de Godzilla et de Kaiju, car les non initiés vont passer une soirée désagréable à voir des effets spéciaux cheaps et des sous-titres.



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