LE PETIT CHAPERON ROUGE MEXICAIN

30
Avr
2015

LITTLE RED RIDING HOOD aka La Caperucita Roja  – Roberto Rodrigez avec Maria Gracia, Manuel ‘Loco’ Valdés – 1960, Mexique, 85m

On connait l’histoire classique, sur laquelle le scénario brode pas mal. Le petit chaperon rouge est la petite fille la plus aimée du village, autour duquel rôde le méchant loup qui veut l’avoir dans son assiette. Ce méchant loup a ici une moufette puante comme ami et il prétend être le meilleur danseur de la région ! Il ne sait pas compter plus que dix, ce qui évite à la moufette d’avoir vingt baffes. C’est donc après avoir presque bouffé la mère grand qu’il s’installe pour attendre la petite, qui ne perdra pas de temps à le reconnaitre.

Mettons les choses au clair: ceci est le premier film d’une trilogie dont le dernier s’intitule Tom Pouce et Le Petit Chaperon Rouge contre les Monstres, seule raison pour laquelle je regarde ceci. Dans ce doublage anglais de Gordon K Murray, lorsque la petite chante, elle a soudain une voix d’adulte pas rapport. Les costumes du loup et de la moufette laissent bien voir les yeux des acteurs et l’ensemble relève du film pour tous petits. On pousse la bonhommerie jusqu’à éviter toute mort, y comprit celle du loup, auquel on pardonnera ses essais de bouffer les villageois ! C’est donc très sucré, avec plusieurs chansons et fort coloré. Ca a vieillit comme tout film fait il y a cinquante ans et c’est difficile à apprécier à sa juste valeur, mais des commentaires de mexicains qui l’ont vu durant leur enfance suggèrent que c’était fort apprécié. Moi j’attends les monstres !

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LITTLE RED RIDING HOOD AND HER THREE FRIENDS aka Caperucita y sus tres amigos – Roberto Rodríguez avec María Gracia, Manuel ‘Loco’ Valdés, Santanón, 1961, Mexique, 85m

Deuxième long métrage d’une trilogie qui se terminera par une rencontre avec des monstres, ce film est en continuité directe avec le premier. Le grand méchant loup et son ami la mouffette ont fait un pacte avec les villageois qui leur ont pardonné leurs mauvaises actions et les ont placés gardiens des frontières du village. Voilà qu’arrivent des romanichels et comme dans un grand pays d’Europe et son farfadet président, de mauvaises langues leur font un procès avant de les connaître. Idem pour le loup qui subit les railleries de mauvais hommes enclins à ne voir qu’une bête sauvage en lui. Et vous savez quoi ? Victime de harcèlement, il se rebelle contre tous et redevient la bête sauvage, pendant que les étrangers kidnappent la petite chaperon rouge !

En fait, tout comme le premier opus, le film dénonce les jugements à l’emporte pièce et les mauvaises langues, qui ont peut-être un peu raison. Mais quand tout sera finit, tout le monde s’entendra à nouveau, grâce à la petite fille en rouge si bonne, qui sait retourner les coeurs dans le bon sens ! On évitera du coup le tragique sort qui semblait attendre une idylle entre deux gypsys. On verra aussi la belle fée de la forêt qui fredonne sa chanson avec sa baguette de feu de bengale. La mère grand s’avère plus solide devant le loup que la chétive mémé du conte. Bon, maintenant, amenez les monstres !

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LITTLE RED RIDING HOOD AND TOM THUMB VS THE MONSTERS aka Caperucita y Pulgarcito contra los monstruos – Roberto Rodríguez avec Maria Gracia, Cesáreo Quezadas, José Elías Moreno, Manuel ‘Loco’ Valdés, Santanón, 1962, Mexique, 82m, version Gordon K. Murray

Scène surréaliste, le grand méchant Loup et le méchant Ogre sont en procès au pays de la méchanceté pour être devenus amis avec le Petit Chaperon Rouge et Tom Pouce, respectivement. La méchante sorcière et sa soeur vont également empoisonner l’eau du village de nos amis et les transformer ainsi en singes ou en souris, allez comprendre les deux options ! Heureusement le comparse du Loup, la Moufette Zorrino, va chercher le Petit Chaperon Rouge avant qu’elle ne boive. Avec Tom Pouce, devenu plus grand grâce à la bonne fée des bois, et avec l’aide d’enfants prisonniers qu’ils libéreront, ils affronteront l’armée de monstres dans la forêt maléfique.

Très coloré et avec quelques chansons en prime, bienvenue au Mexique, ce troisième film mettant en vedette la petite Maria Gracia est une virée fantasmagorique dans un monde éclaté. Une voix off en prologue nous a avertis qu’il existe des mondes parallèles ou les créatures de nos contes existent et on a bien l’impression qu’il s’agit d’un ajout de Gordon K. Murray, qui bricolait les versions américaines d’une multitude de films de genre mexicains. Les monstres, sorcières, vampires, siamois, dragon cracheur de feu et autres grotesqueries qui se résument souvent à un peu de maquillage et une perruque, vont faire brailler de rire le public d’aujourd’hui et on se demande si y a pas juste les tout petit qui embarquaient dans de pareilles sornettes. Mais soyons bon prince, le public visé est fort jeune, les messages sont de bon aloi et la fin est on ne peut plus optimiste, ca s’apprécie pour ce que c’est. Ce qui me déconcentre à tout coup c’est la baguette magique de la bonne fée blanche, avec ses « feux de Bengale » qui brûlent au fur et à mesure, jusqu’à se retrouver moribonds… elle les change probablement d’une présence à l’autre ! Y a aussi le monstre de Frankenstein dans un rôle effacé et des scènes de torture étonnantes, pas celle de la plume sur les pieds, mais le remplissage d’eau à l’entonnoir a dû produire quelques cauchemars à l’époque ! Y s’en fait pu des comme ça ! Mario Giguère

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