KING KONG VS GODZILLA

10
Juil
2014

KING KONG VS GODZILLA aka Kingu Kongu tai Gojira – Ishirô Honda avec Tadao Takashima, Kenji Sahara, Yu Fukiji, Japon/États Unis, 1962

Avant d’aller plus loin, il me faut préciser que je vient de regarder la version américaine, supervisée par John Beck et que je suis encore renversé ! Non seulement on ajoute les journalistes et commentateurs, mais on a trafiqué à fond la trame sonore, ajoutant plein de musiques américaines, spécialement le thème de CREATURE FROM THE BLACK LAGOON qui appuie les apparitions de monstres ! Scientifique, donc, qui explique que Godzilla, frais sorti d’un glacier, retourne au Japon « comme les saumons remontent la rivière vers leurs lieux de naissance » tandis que King Kong, capturé par un puissant mais ridicule industriel pour en faire sa « marque de commerce » sent la présence d’un adversaire qu’il se doit d’affronter.

La première rencontre des deux monstres est passablement drôle voire ridicule, Kong, les poils quelque peu roussit par le feu atomique de Godzilla, s’enfuit ! Il faudra carrément l’endormir et le déplacer en ballons d’hélium pour qu’il affronte en bonne et due forme le géant gris !

Intermède de bon aloi pour parler de l’apparence de Kong. Les effets spéciaux n’étant pas à l’époque ce qu’ils sont aujourd’hui, les intentions de Tsuburaya semblant évidentes, King Kong est pratiquement le faire valoir comique, le Laurel du Hardy japonais ! Il y a de toute évidence deux costumes, un aux bras longs et plus simiesques et un aux bras plus courts et humains lorsque Kong a besoin de tirer des roches ou se battre avec Godzilla. On ajoute une tête pour les plans rapprochés, avec des yeux qui clignent, qui fera rire petits et grands ! La tête du costume de combat est plus réussit et fait son petit effet.

Les combats sont mémorables, par les actions et les techniques utilisées. De petites marionnettes pour les plans éloignés, une scène qui semble carrément de l’animation image par image, aux classiques empoignades. Le lancer de roches, Kong qui essaie de faire bouffer un arbre à son adversaire, l’enterrement de Kong, sa résurrection par l’orage électrique et un final qui semble annoncer la victoire du primate.

Deuxième intermède. Contrairement aux rumeurs et légendes urbaines, il n’y a qu’une fin qui a été tournée. Pas de version mythique ou Godzilla sort de l’eau. De toute façon, Godzilla a fait par la suite moult films pendant que King Kong dormait ! À mes yeux, Godzilla triomphe sur toute la ligne !

Premier film couleur de Godzilla et première co-production Japon-États Unis, le film est toujours le plus grand succès de l’histoire de la franchise nippone. Bon accueil donc de la part du public du monde entier, petits et grands. La présentation à la convention mondiale des amateurs de science fiction a par contre soulevé l’indignation, on comprend que les amoureux du chef-d’oeuvre de 1933 soient horripilés par une version si clownesque de l’icône du cinéma fantastique. Mais Honda et Tsuburaya visaient un public plus large et ils ont frappé la cible.

On préfèrera la version originale en tout temps, avec la musique sublime d’Akira Ifikube, qui aide à soulever les scènes de Kaiju. Ajoutons que la version japonaise est tout aussi drôle, plus d’attention étant portée sur l’équipée qui capture le singe géant amateur de boisson endormante !

Dernier intermède. Tsuburaya voulait depuis longtemps utiliser une pieuvre vivante comme effet spécial et son combat contre le village et Kong est une scène fort curieuse, L’animal ne se prêtant pas aussi facilement que prévu au tournage ! L’équipe des effets spéciaux a fait cuire l’actrice après coup !

Film de monstres géants aux allures de fantasti-comédie, KING KONG VS GODZILLA fait encore sourire et rire pour autant que l’on prenne ses classiques avec un grain de sel. On peut aussi le voir comme un puissant nanar. N’empêche que Godzilla est le plus fort ! Mario Giguère

KKvsG



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