GODZILLA A 60 ANS

06
Nov
2014

Pour fêter les 60 ans de Godzilla, retour sur le film original de 1954 –

GOJIRA – Ishirô Honda avec Akira Takarada, Momoko KPo,Akihiki Hirata, 1954, Japon, 98m

Des bateaux disparaissent en mer au large du Japon. Lorsqu’un survivant est retrouvé, il délire et parle d’un monstre géant qui détruit les navires. Le monstre va être aperçu lors d’une terrible tempête sur une île de pêcheurs. Le professeur Tanabe y trouve des traces de radiation, un trilobite (créature disparue depuis des millions d’années) et des empreintes gigantesques. Les anciens du village jurent que Gojira est de retour, un monstre terrifiant, et il leur donnera raison. La créature, probablement réveillée par les tests de bombes atomiques, se dirige vers le pays du soleil levant. Si les autorités vont tout essayer pour le détruire, le professeur Tanabe plaide en vain pour que l’on le sauvegarde et l’étudie. Sa fille, Emiko, est prise bien malgré elle dans un triangle amoureux déchirant. D’un côté son amour de journaliste et de l’autre coté Serizawa, scientifique, qui a toujours cru qu’ils étaient promis un à l’autre. Serizawa a un terrible secret, une arme meurtrière, le destructeur d’oxygène, qu’il montre à sa bien aimée Emiko. Elle trahira son secret lorsqu’elle se rendra à l’évidence, seul le destructeur d’oxygène peut venir à bout de Gojira qui sème la destruction à un rythme effarant. Serizawa se laissera convaincre bien malgré lui à utiliser sa terrible arme de destruction…

Véritable classique au Japon, Gojira, dans sa version originale, est un drame doublé d’une fable sur les dangers de la recherche atomique et ses répercussions alors récentes. Les apparitions du monstre sont somme toutes courtes, mais on s’attarde sur les résultats catastrophiques. La caméra qui fait son lent traveling sur les scènes de destruction, les cadavres et blessés, pendant que les enfants chantent un requiem pour les victimes est un moment fort. Le triangle amoureux est aussi déchirant, tout comme le dilemme qui frappe Serizawa. Les allusions directes aux américains et les bombes qui ont détruites Hiroshima et Nagasaki en font aussi une oeuvre pamphlétaire qui résonne encore au coeur et au cerveau. Honda à la réalisation est au sommet de son art, ayant travaillé pendant des années sur des films de guerre, expérience qui le sert bien. Idem pour Tsuburaya aux effets spéciaux, qui mélange les techniques avec bonheur. La musique d’Akira Ifikube nous offre des thèmes forts et évocateurs qui seront revisités tout au long de la série de suites. Les acteurs, certains ayant oeuvré sur les classiques de Kurosawa, sont remarquables.

Un classique, un des meilleurs films de monstres, justement parce qu’il est partie prenante et accessoire du film. Aucun autre des Godzilla qui suivra n’aura l’ambition de celui-ci. À voir, surtout pour ceux qui ne connaissent que la version américanisée. À noter que la version vue en France contient moins de scènes de Raymond Burr et plus de métrage original. Mario Giguère

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