[Entrevue] Mel Gosselin, celle qui écrit des images

26
Août
2014

Dimanche dernier, lors de la tenue de l’Otakuthon de Montréal, j’ai pu m’entretenir avec la jeune auteure, Mel Gosselin. Récipiendaire du Prix excellence des arts et cultures Desjardins 2012 pour son premier roman Cétacia, l’écrivaine était présente au Palais des Congrès ce weekend pour faire la promotion de son nouveau roman, Jacky Salaberry, dont le premier tome sera en librairie dès mercredi prochain.

À travers la cohue de l’Otakuthon et continuellement interrompue par ses fans, Mel a répondue à mes questions avec gentillesse et avec cette étincelle dans le regard si particulières aux gens passionnés.

MelGosselin

La Horde Geek : Bonjour Mel! Tu es ici, à l’Otakuthon 2014 pour faire la promotion de ton tout dernier roman, n’est-ce pas? Peux-tu nous en parler un peu?

Mel Gosselin : Bonjour! Oui, il s’agit en fait du premier tome de mon nouveau roman, Jacky Salaberry. Il s’agit de l’histoire de Jacqueline Cudworth, une jeune bourgeoise, qui vivra ses aventures dans une Amérique fictive fortement inspirée du courant Steampunk. Les noms des lieux sont changés, par exemple, au lieu d’écrire Québec, j’écris Kébek. C’est justement dans cette ville que l’histoire de mon héroïne commence, lorsque son frère meurt dans l’écroulement du pont de Kébek. Pour Jacqueline, la mort de son frère n’est pas un accident et sa quête de vérité l’amènera à s’allier avec une énigmatique chasseuse de virus, la pharmacienne Lady Salaberry. Adoptant le surnom de Jacky Salaberry, Jacqueline parcourra l’Amérique à bord d’un étrange carrousel, munie d’une seringue géante, pour capturer virus et indices sur les assassins de son frère.

LHG : Wow! Une histoire qui semble riche en rebondissements et en mystères. Dit-moi, Mel, écris-tu depuis longtemps?

MG : En fait, j’écrivais déjà pour le plaisir à l’adolescence avec ma sœur. Il s’agissait alors d’histoires médiévales fantastiques qui n’ont jamais vraiment abouti. C’est avec Cétacia, en 2011, que j’ai vraiment poussé l’écriture.

LHG : Que représente l’écriture pour toi?

MG : J’ai toujours rêvé de m’exprimer par l’image et le dessin. Après plusieurs essaies infructueux, je me suis rendu à l’évidence que je n’avais pas ce talent. L’écriture est venue pallier à ce besoin de m’exprimer. On dit d’ailleurs que mon écriture est très imagée et qu’elle suscite facilement les images mentales. D’ailleurs, c’est pourquoi les images des couvertures de mes romans sont très importantes pour moi.

LHG : D’ailleurs, pourrais-tu me parler des dessinateurs de tes couvertures?

MG : Pour Jacky Salaberry, il s’agit d’une jeune fille d’une vingtaine d’année, Stéphanie Daigle. Pour Cétacia, il s’agit d’une Ontarienne du nom de Stéphanie Lim.

LHG : Est-ce toi qui publies tes œuvres?

MG : Non, pas du tout. Lorsque j’écrivais Cétacia, j’ai fait la démarche pour m’éditer moi-même, mais je n’ai pas eu à le faire finalement. J’ai eu un peu de difficulté lorsque mon éditeur à fermer les portes entre le tome 1 et le tome 2. La chance m’a souri, car les Éditions du Phoenix ont repris le flambeau. Pour Jacky Salaberry, ce fut pas mal plus simple. Brian Perro m’a carrément recruté pour sa nouvelle maison d’édition.

LHG : As-tu un rituel d’écriture ou une méthode?

MG : Oui. J’écris beaucoup mentalement dans le bus ou au gym. Rendu devant mon ordinateur, ça glisse tout seul.

LHG : Écris-tu en écoutant de la musique?

MG : Je m’inspire beaucoup des trames sonores des jeux vidéo de genre RPG comme Final Fantasy. Je trouve ce genre de musique idéale pour l’écriture puisque sur un même disque, tu peux retrouver de la musique douce et des chansons plus dramatiques et d’action.

LHG : Qui sont tes modèles, tes auteurs favoris?

MG : J’adore Charles Dickens. Oliver Twist est une de mes plus grandes sources d’inspiration. J’apprécie aussi beaucoup le style d’Hector Malot et de Victor Hugo. En dehors de ses mentors, je m’inspire aussi des animes et des jeux vidéos.

LHG : Fais-tu beaucoup de recherche pour tes romans?

MG : Énormément. Bien que je sache qu’il s’agit de fiction, j’essaie de rendre mes univers le plus plausibles possible. Pour Jacky Salaberry, par exemple, j’ai dû m’intéresser à la langue basque. Bien que j’aie fait des études en linguistique, je ne maîtrisais pas cette langue. Je me suis d’abord informé dans les livres, puis auprès d’un professeur d’université qui m’a recommandé à une locutrice basque, ce qui m’a grandement aidé. En plus, dans mon roman, je parle beaucoup de virus et pourtant je ne m’y connaissais pas en microbiologie. C’est grâce à un de mes amis pharmaciens que j’ai pu créer des maladies et des médicaments fictifs, mais crédibles.

LHG : Connaissais-tu le steampunk avant d’écrire tes romans?

MG : Oui, ce style m’a toujours allumé même avant que je connaisse le mot. Mon jeu vidéo favori est Final Fantasy VI dont l’intrigue se passe dans un univers rétrofuturiste. Par contre, je dois faire mon mea culpa, je suis loin d’être une spécialiste du genre et je n’ai pas vraiment lu sur le sujet. Le steampunk de mon roman est pas mal adapté à ma sauce.

LHG : Est-ce que tu te définirais comme une geek?

MG : Tout à fait, j’ai toujours été passionnée d’anime, de bédés et de jeux vidéo, en fait. Ma volonté dans l’écriture est que, dans mes romans, l’on puisse lire un jeu vidéo.

LHG : L’Otakuthon était donc tout indiqué pour toi! Aurais-tu été le bon public pour cette convention si tu n’y avais pas été invité?

MG : Tout à fait! J’aime tout ce qui se passe dans ce festival et je suis d’autant plus enchanté depuis que j’ai vu des gens déguisés en mes personnages!

LHG : Pour finir Mel, si tu avais à convaincre de potentiels lecteurs d’acheter ton nouveau roman, que leur dirais-tu?

MG : Je leur dirais que Jacky Salaberry est un roman original pour ceux qui aime les jeux vidéo, le fantastique, les animes et le steampunk. Qu’il ne faut pas être un fou de lecture pour apprécier mon roman.

LHG : Merci, Mel Gosselin!

JS



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