Solaris nous tient toujours au chaud

19
Fév
2018

De tous les recueils de nouvelles, la revue Solaris a toujours le don de nous présenter des textes aussi diversifiés qu’inspirants. Le numéro d’automne (204) n’y fait pas exception.

Dans le premier, on y retrouve Les cadeaux de Prométhée de Jean-Louis Trudel. Il nous fait voyager das une Alexandrie un peu particulière. Si vous aimez les philosophes et les réflexions sur l’univers, ce texte a de quoi vous plaire. Bien que le récit soit un peu costaud à lire, l’auteur y décrit habilement l’époque romaine en y ajoutant de magnifiques touches de science-fiction. Il est suivit de La Cage de l’amour égoïste de Frédéric Parrot. Cette fois, l’auteur nous plonge dans un univers moderne où les réflexions philosophiques sur l’amour mène à des conséquences inattendues. Malgré une introduction un peu longue, le contexte est bien situé et les descriptions d’une prose limpide.

«Une petite source lumineuse à son extrémité, astre pâle qui m’a confirmé que je ne m’étais pas trompé d’endroit : elle scintillait de cette couleur qui ne pouvait pas exister, mais qui était là, guidait mes pas et m’attirait comme une masse aux proportions stellaires. En lune légère et soumise, je n’ai pu qu’avancer vers elle sans que le poids de ma peur influence ma trajectoire.»

De sa plume agile, il nous entraîne avec rythme vers une finale ouverte. On n’en attendait pas moins. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue, mais ce texte en vaut le détour.

Puis Mathieu Arès nous présente, La Rosalie d’Élise. Le style d’écriture peu paraître un peu rêche au départ. Néanmoins, il a sa raison d’être. Fort heureusement, les descriptions son imagées à souhait.

«À ma gauche, une fenêtre, une vue sur l’extérieur, sur l’aube qui point. Une aube teintée de grisaille, dont le prisme n’arrive pas à allumer l’arc-en-ciel. Soleil pas encore tout à fait levé. »

Le thème de la transsexualité y est abordé avec doigté avec une touche de technologie au goût du jour lorsque le personnage principal rencontre une mnémologue. En effet, plusieurs recherches sont effectuées à travers le monde pour réussir à transférer la pensée humaine dans des logiciels. Naturellement, l’auteur pousse le récit plus loin que la réalité, à notre plus grand plaisir.

Yves Ménard nous présente ensuite Épines dans lequel Davor, le personnage principal est invité à se replonger dans ses souvenir pour retrouver un artéfact hors du commun. Le fantastique y est savoureusement mélangé au religieux grâce au frère Novak et son ordre. L’intrigue est si bien ficelé qu’on arrive à la fin avant même de s’en apercevoir. Honnêtement, il y a du matériel pour un roman complet. On en aurait prit plus en tout cas!

Finalement, le texte Mario Tessier, Nous chanterons la singularité à venir, vient mettre la touche finale au numéro d’automne de Solaris. Écrit comme une pièce de théâtre, il présente de nombreuses références musicales dans un univers futuriste où les intelligences artificielles règnent.

«Greta, en passant, soulignons que, contrairement a beaucoup d’autres orchestres symphoniques dans le monde, celui du Met est encore exclusivement humain. En effet, les musiciens sont tous à 100% humains ; l’orchestre ne comprend ni instrumentiste synthétique, ci cyborg, ni interprète artificiellement augmenté, du moins musicalement. On saut qu’il y a quelques années l’orchestre avait fait une place au pianiste automate, mais, à la suite de plaintes du syndicat et des récriminations du public, il avait dû abandonner sa position. On songe toutefois à abolir cette ségrégation à cause des thérapies géniques et des augmentations musculaires et nerveuses que réclament certains musiciens plus âgés de l’orchestre.»

Pour mieux en apprécier la finesse, avoir quelques connaissances musicales est un atout, car l’auteur a enrichi sa prose d’un vocabulaire musical précis ainsi que des références à des oeuvres classiques reconnues.

Bref, un numéro de Solaris à garder près de soi pour les journées froides à venir!



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