Suggestions lecture de la semaine

11
Fév
2015
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SangdepirateLes éditions De Mortagne amènent un nouveau souffle à leur collection de fantastique. La plume talentueuse de l’auteure de Filles de Lune refait surface pour une série prometteuse de 4 tomes: Sang de Pirate. Dès aujourd’hui, vous pourrez mettre la main sur son premier opus, VengeancesElisabeth Tremblay nous y fait vivre des aventures aux côtés de Vienna, la petite-fille du représentant des Cyndrils dont certaines particularités la différencient des autres Valadryelles. Vous l’aurez deviné, plusieurs créatures mythiques évoluent dans l’univers bien campé des cinq continents d’Alstrass. Parallèlement, le lecteur est amené à découvrir les circonstances qui ont mené son fils à créer une immense chasse au trésor qui restera mystérieuse malgré trois siècles à écumer les mers par ses successeurs.

Tout comme dans Filles de Lune, l’auteur met en scène des passages permettant de voyager d’un monde à l’autre; rendant ainsi la trame narrative dynamique. Cependant, Elisabeth Tremblay démarque son récit en y faisant évoluer de nombreux personnages mythiques. Des Faunes en passant par les Tritons, on sent que l’auteure s’est imprégnée de ces légendes; sans toutefois nous amortir par un discours historique assommant. Elle donne vie aux différents peuples qui habitent son univers. Si bien, qu’elle plonge les lecteurs dans certains débats politiques tout en maintenant notre intérêt face à l’intrigue. Un talent que peu d’auteurs possèdent. Bref, une oeuvre pleine d’action et d’humanité qu’il nous plaira de relire souvent au coin du feu. Vivement octobre 2015 pour dénicher le tome 2!

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etlamortDernièrement, les éditions House made of dawn ont publié un roman fantastique particulièrement original. Ce n’est ni l’apocalypse zombie, ni l’épidémie qui menace la survie de l’homme. La bête reprend ses droits sur la nature qu’on lui a volés. L’auteur, Jean Bury, nous entraîne dans un univers où l’Homme doit se défendre contre l’invasion des Lycans. Toutes les tactiques sont bonnes; du pilonnage en passant par le sacrifice d’un des leurs afin de détourner leur attention.

Avec des descriptions aussi vivantes que sensitives, l’auteur nous plonge dans la dure réalité que vivent ses personnages.

 «Dans cette plaine immense, cette plaine qui est un continent, les marécages ne gèlent qu’à demi en fractales blanches, et puis la glace est absorbée par les bourbiers bruns, désespérément bruns. Toujours, partout, cette couleur de catacombes. Même la neige, même la nuit où rien ne brille, même le froid
le plus dur ne font jamais disparaître ce terreau de cimetière. On n’a toujours que ça devant les yeux, à l’infini, jusqu’à la ligne d’horizon : cette tourbe marron sombre, cette fausse terre molle sous la semelle et, au loin, des rangées d’arbres si secs qu’on les croirait morts. »

Dès les premières phrases, nous avons été happés par un sentiment d’empathie face au personnage principal. Militaire d’expérience, il fait preuve d’une sensibilité accrocheuse pour le lecteur ayant un tant soit peu d’humanité.

«Mais, en dépit des dix ans de conflit qui ont précédé et pendant lesquels j’ai été de toutes les campagnes, je n’aurais jamais accepté cette mission suicide, avant l’Opération Scythica. Le fifre a sans doute été torturé et il est certain qu’il est mort. Et pourtant, aujourd’hui, ça ne me touche plus. J’en ai vu bien d’autres depuis mon premier hiver avec la Légion, il y a trois ans. Écrire à ses parents m’aurait peut-être permis de retrouver de l’empathie quelque part, dans un recoin de moi que cette campagne n’a pas encore détruit. Mais il n’avait plus de parents à qui écrire, bien sûr. Comme les deux tiers d’entre nous.»

En somme, ce Walking Dead version Lycan fait vivre au lecteur une expérience unique qui remet en contact avec les instincts primaires.  Et la mort perdra tout empire, porte très bien son nom. Disponible en format électronique à un faible coût, il n’y a aucune raison de s’en priver!

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mauvaiscotedeschosesDu côté des romans policiers, les éditions Québec Amérique nous proposent Le mauvais côté des choses de Jean Lemieux. Une quatrième enquête pour son attachant sergent Surprenant. Cette fois, André Suprenant doit investiguer sur une série de meurtres commis à Montréal. S’agit-il de l’oeuvre d’un psychopathe, de règlements de comptes ou de simples coïncidences? Pourquoi, chaque fois, non loin des cadavres, on trouve une branche d’amélanchier? En tentant de démêler ces mystères, l’enquêteur découvre l’implication de sa propre histoire familiale dans les ramifications ténébreuses de ces intrigues.

Dans un enchevêtrement narratif complexe, l’auteur passe de l’évidence aux retournements dans un ballet de mot intelligemment orchestré. Les liens avec les événements d’octobre 1970 ont touché notre fibre identitaire, rendant la lecture de ce roman plus vivante. De plus, les personnages bien campés raffinent le sentiment d’appartenance que l’on éprouve en lisant les échanges qu’ils ont avec André Surprenant.

LP Brazeau n’était pas différent des autres enquêteurs de la section. De temps à autre, il ne pouvait s’empêcher de rappeler à Surprenant que ses principaux faits d’armes, ceux-là mêmes qui auraient pu expliquer son parachutage au SPVM, avaient eu pour théâtre un archipel perdu au milieu du golfe du Saint-Laurent.
— Sais-tu ? Des fois, j’y retournerais.
— Tu dois enregistrer ton bout de branche en bonne et due forme. C’est une pièce à conviction, même à cinquante pieds du mort. Redonne-moi ça. Je ne peux pas distinguer un sapin d’une épinette, mais je trouverai ce que c’est.
Tirant son téléphone de sa poche, il prit deux clichés du branchage.
— Voilà. Si tu ne veux pas de trouble, écoute ton chum LP.
— Oui, mononcle.
— Comment ça, mononcle ?
— Avec ta bedaine, de même, tu me fais penser à mon oncle Jos avant qu’il crève de son infarctus.
Sans prendre la mouche, Brazeau rangea ses effets et se dirigea vers la sortie.
— Huit moins vingt au Tim ? demanda-t-il sans se retourner.
— Sept et quart. Ça nous prend un plan de match.
Surprenant, son sac toujours à la main, resta planté devant son bureau, sous le regard curieux d’Esmeralda, la femme de ménage colombienne. Il consulta sa montre-bracelet. 3 h 45. Il retira son holster, verrouilla son Walther, tel que le stipulait le règlement, et le rangea dans son classeur, à côté de ce bout de branche qui lui paraissait maintenant ridicule. Il ferma le tiroir à clef. Les temps où il enquêtait sans son arme, aux Îles-de-la-Madeleine ou même à Québec, étaient révolus. Montréal, après tout, était une grande ville.

En conclusion, ce roman policier intriguant a de quoi procurer un bon moment de lecture. D’ailleurs, avec son niveau de langage passant d’un peu de joual au littéraire sans devenir trop recherché, le texte est accessible à un large public. Il ne reste qu’à vous dire:

Bonne lecture!

 



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