Un Clown Vengeur épiquement savoureux!

25
Nov
2015
L_ecologie_d_Odi_banniere

403274~v~Les_clowns_vengeurs_-_L_ecologie_d_OdiQuel plaisir de retourner dans ce monde sombre et inquiétant qui pourrait bien être le nôtre, dans un avenir qui pourrait ne pas être si lointain. Particulièrement lorsque c’est l’une des écrivaines de science-fiction les plus primées au Canada qui nous y invite. Michèle Laframboise nous présente un neuvième opus de la série des Clowns vengeurs bien ficelée telle une obscure dentelle qui retient notre attention par sa complexité. Elle nous démontre un savoir-faire qui a gagné en saveur à travers la quinzaine de publications qui ont précédé L’Écologie d’Odi (Éditions Porte-Bonheur).

Ce qui rend ce roman si savoureux? Arran Noor. Fraîchement promu Clown Vengeur, il se retrouvera rapidement emmêlé dans une enquête concernant la mort de plusieurs de ses confrères. Là où Michèle Laframboise nous dévoile la maîtrise de son art, c’est en nous présentant un personnage complexe qui se développe sur plusieurs niveaux. Que ce soit au sein de sa famille, de son ordre que du point de vue humain, son évolution au cœur de cet univers glauque reste un savoureux exploit. Sans brûler d’intrigues, l’auteure a si bien développé sa personnalité qu’on s’y attache immédiatement. Issu d’une famille simple, aux valeurs respectables, Arran Noor pourrait être n’importe qui d’entre nous. Poussé par son désir de justice dans une société écrasante, il y a fort à parier que nous en ferions autant.

Naturellement, comme dans tout bon roman de science-fiction, les technologies y règnent. Une fois encore, Michèle Laframboise amène l’univers des Clowns Vengeurs un pas plus loin. Elle ne se contente pas d’utiliser les démembreurs et autres bidules présents dans les précédents romans. L’auteure a tenu compte qu’avec le temps, les technologies évoluent. L’écologie aussi. Il fallait s’y attendre avec un titre pareil. Néanmoins, la créativité de l’auteure saura vous surprendre avec ses arbres-poubelles dont les champignons à la base sont pourvus d’un capuchon creux penché pour absorber les déchets transportés par le vent. Et que dire de l’ajout unique du niveau spirituel à cet univers à l’aide des principes d’Odi et les méditations du personnage principal qui l’amènent à se recentrer.

Cependant, l’intégration des cours de cuisines à l’enseignement des Clowns Vengeurs aurait pu être plus développée. On y présente des liens entre la nourriture et les poisons. On aurait été en droit de s’attendre à un entrelacement entre l’écologie et les poisons utilisés par les clowns vengeurs. Peut-être nous réserve-t-elle ce privilège pour un autre tome. Aussi, nous aurions aimé en savoir plus sur les agitations de ce peuple brimé. Car qui dit oppression, dit assurément ébauche d’une révolution. Quoi qu’il en soit, on se console vite en poursuivant notre lecture, car l’art littéraire de Michèle Laframboise se délecte, phrase après phrase. Ses descriptions détaillées, bien dosées, évitent toute lourdeur à ce texte qui pourrait si facilement basculer.

«Pendant que son père installait ses trappes d’insectes et ses échantillonneurs d’air, et qu’il enfonçait une sonde pour interroger le sol, le petit garçon se couchait sur la mousse. Ses yeux suivaient les cumulus dodus qui se hâtaient en travers du morceau de ciel découpé par les feuilles. Une brise agitait les branches, comme si les arbres exécutaient entre eux une valse silencieuse.»
L’écologie d’Odi
, p.62

Bref, L’Écologie d’Odi de la série Clowns Vengeurs de Michèle Laframboise est un excellent choix en matière de science-fiction. Et probablement, un super cadeau à offrir sous le sapin!



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