LA SAGA [REC]

16
Mar
2017
REC 2 Image 3

[REC] – Paco Plaza et Jaume Balagueró avec Manuela Velasco, Javier Botet et Martha Carbonell. 2007, Espagne

Premièrement ça débute sans fioriture, contrairement à toute la campagne publicitaire pour le remake américain, on ne fera pas semblant de nous présenter un quelconque truc basé sur des faits vécus. Secundo, on ne prend pas trop de temps à entrer dans le vif du sujet, contrairement à l’interminable prologue de Cloverfield qui s’éternise sur presque vingt minutes. Tertio, on ne lésine pas sur les surprises et les effets réussits. On s’attend bien à ce qu’il se passe quelque chose et tout l’art du film de frousse réside dans la capacité de nous surprendre pour autant que l’on se prête à l’exercice. Oui, on revient à la fatalité qui m’avait frappé dans le cinéma italien zombiesque, d’ailleurs on se demande ce qui peut bien se passer après la fin de l’enregistrement. Car il y a de la place pour une suite, on ne répond pas à toutes les questions. D’ailleurs l’explication des origines de toute cette catastrophe me semble originale, au-delà des considérations du genre: « je préfère ne pas tout savoir » japonais ou « faut qu’on m’explique tout » américain, il y a tout un non dit qui demeure plus qu’intriguant. Ajoutons qu’à mon avis, les acteurs sont bien choisit, que la journaliste qui énerve au début est drôlement efficace plus on avance et j’ai passé, aie-je besoin de l’ajouter, un sacré bon moment. Vive l’Espagne !

[REC] 2 – Jaume Balagueró & Paco Plaza avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Pablo Rosso, 2009, Espagne, 85m

Dans les minutes qui suivent le premier film, une équipe d’intervention et un médecin se préparent à entrer dans l’immeuble ou les soldats et les premiers pompiers répondants ne donnent plus signe de vie. Rapidement, il est apparent qu’il ne s’agit pas d’un virus qui se propage dans l’air, mais comme la rage, au contact du sang ou de la bave. Il devient aussi apparent que ce médecin qui les accompagnent et qui est le seul à pouvoir les en faire sortir grâce à un appareil de reconnaissance de la voix leur cache la vérité. Une vérité troublante, pendant que les victimes s’accumulent à la suite d’attaques soudaines et d’une sauvagerie extrême.

Tout était dans les dernières minutes du premier film ou l’on nous laissait voir clairement que l’origine de l’infection qui frappe les locataires de l’immeuble avait rapport avec une sombre histoire de possession. Si la suite peut surprendre, elle est tout à fait logique et d’autant plus efficace. Car au point de vue de la mise en scène, elle est toujours aussi réussie, certains plans nous frappent avec une férocité surprenante. Il y a une curieuse insertion dans le film du point de vue de trois ados qui choisissent de suivre un résident et un pompier qui réussissent à entrer dans l’immeuble par les égouts. Méchante erreur qui aura des conséquences terribles pour tous ceux impliqués, ce qui est presque jouissif au regard des ados écervelés qui s’en tireraient mieux dans un film plus conventionnel. D’ailleurs il règne un nihilisme dans le scénario qui rappelle certains films de zombis italiens qui n’avaient aucune pitié pour ses personnages auxquels on s’accroche en vain.

Bref, il est difficile d’imaginer ou les réalisateurs pourraient amener une suite, mais celle-ci est une réussite.

REC 3 GENESIS – Paco Plaza avec Leticia Dolera, Luiso Berdejo, 2012, Espagne, 80m

Jour de mariage somptueux pour Koldo et Clara. Parmi les invités, tonton Victor, qui a été mordu durant la journée par un chien que l’on croyait mort. Alors que la journée avance et que la dance bat son plein, Victor n’est plus vraiment lui-même et les mariés sont séparés pendant que l’infection se propage et que multiplication des infectés prend des proportions dantesque.

Le tout se passe durant la même nuit que les deux premiers films. Pour des raisons que j’ignore, les deux réalisateurs de la saga se sont partagés deux suites, Jaume Balaguero fera un quatrième film qui s’annonce totalement sérieux et apocalyptique. Ici, Paco Plaza y va surprenamment avec quasiment un hommage aux films des années 80, avec une distanciation et un humour noir décapant. On pense au Demons de Lamberto Bava, à Dellamorte Dellamore pour l’histoire d’amour en territoire miné ou à Brain Dead de Peter Jackson voire un Evil Dead pour la mariée qui s’accroche è sa scie à chaîne pour dégommer les démons. Démons qui seraient tous l’incarnation de la même « personne » à en croire les reflets dans les miroirs, une nouveauté dans la mythologie de la série. Alors pour ma part j’ai follement apprécié le tout mais j’imagine facilement que les puristes ont pu dénoncer la dérive vers cet humour particulier, jusqu’ici totalement absent des deux premiers opus. Ce petit bout de femme est au final une vraie guerrière ! La trame sonore prend aussi une place qu’on ne lui connaissait pas, multipliant les succès et chansons d’amour, contexte oblige. Pour ceux qui n’aiment pas le tournage caméra vidéo live, on la laisse tomber rapidement pour revenir à une mise en scène conventionnelle. Côté gore on est bien servit. Vivement la suite dont la bande annonce est fort prometteuse !

[REC]  4 APOCALYPSE – Jaume Balagueró avec Manuela Velasco, Paco Manzanedo, Héctor Colomé, Ismael Fritschi, 2014, Espagne, 95m

Ca débute après la fin du deuxième film et une équipe de soldats va poser des bombes pour faire exploser l’édifice et ainsi contenir l’épidémie démente. Ils entendent et portent secours à Angela, la journaliste, toujours vivante. Angela et ses deux sauveteurs se réveillent sur ce qui s’avère un bateau. Au travers de soldats pas trop sympathiques à leur cause, Ils sont soumis à des tests pour savoir s’ils sont infectés et rencontreront la seule survivante du mariage de Barcelone, vu dans Rec 3. Les scientifiques à bord tentent de trouver un vaccin au terrible virus, mais leur patient zéro , malgré toutes leur précautions, s’échappe. Tout deviens chaotique et Angela cherche des appuis pour s’en sauver, le médecin en chef menaçant, selon le protocole établi, de faire sauter la bateau s’ils ne parviennent pas à produire l’antidote.

SI le mot Apocalypse est un peu galvaudé, tout le film se passe pratiquement sur ce bateau, l’ambiance est réellement apocalyptique. Jaume Balagueró excelle dans le suspense et l’horreur, le rythme est trépidant et les menaces constantes. Pas grand temps pour se reposer et Angela semble détenir un secret qu’on ne comprends pas dans un premier temps. Les acteurs sont encore une fois excellents dans leur rôles, mentions spéciales au docteur en chef avec sa mine patibulaire ainsi que le second du capitaine, héros bien malgré lui. Si on connait bien le modus operandi du film de zombie, on pense aussi, plus le film avance, à un certain Alien de Ridley Scot. En dire plus pourrait vous gâcher votre surprise, mais l’atmosphère d’anxiété permanente en font une autre réussite pour le réalisateur. Recommandé. Mario Giguère

recaff  rec1

rec2a  rec2b

rec3aff1 rec3aff2

rec4a  rec4d



There are no comments yet, add one below.

Leave a Comment


You must be logged in to post a comment.



Go to the top of the page