HÉRÉDITAIRE

18
Sep
2018

HEREDITARY aka HÉRÉDITAIRE – Ari Aster avec Toni Collette, Milly Shapiro, Gabriel Byrne, Alex Wolff, États Unis, 2018, 127m

 

Il est souvent plus facile de parler des films mauvais ou de ceux qui nous ont frappés par leurs défauts et leur maladresses que des films qui vous ont fasciné. Héréditaire installe un malaise en partant, avec Annie qui parle de sa défunte mère et avoue avoir un ressentiment non dissimulé et que leur relation n’a jamais été agréable. Le scénario va maintenir et accroître les malaises et l’ambiance lourde avec force et sans concession pour le spectateur. Cette famille, introduite avec un long zoom avant sur une maison miniature qui débouche sur une vraie pièce, est totalement dysfonctionnelle. Si la mari, plus âgé, tente tant mieux que mal de garder un semblant de paix dans la grande maison, les relations d’Annie avec ses deux enfants sont limite hystériques et surtout dangereux et malsains. Suite à un autre décès tragique qui semblait fatalement inévitable, tout deviens encore plus étouffant. L’arrivée d’un personnage, qui importe en apparence innocemment dans le récit des notions de spiritisme, annonce un changement de registre qui n’annonce rien de bon. Ainsi de suite, jusqu’à un dénouement funeste et dramatique qui fait basculer le scénario dans un sous-genre tout aussi malsain et rarement aussi bien évoqué.

 

Au-delà d’une scène de voltige qui ne semble être qu’une concession au public de teenagers et qui détonne, et surtout un final ou on nous explique en long et en large ce que l’on viens de voir, le scénario est de ceux que le spectateur doit reconstruire tout au long de l’aventure, Les apparences sont bien trompeuses et les personnages se dévoilent tardivement, nous forçant à deviner comment il faut tout réinterpréter avant le début de l’histoire. C’est au delà de ses quelques écarts pardonnable que le film est absolument fascinant. Son approche, rare par les temps qui courent, de la sorcellerie et la démonologie d’une autre époque, n’est pas sans rappeler The Witch, offert par le studio A21 lui aussi. Les acteurs sont en tout point remarquables, la réalisation est parfois inventive. Un film en forme de casse-tête réussit. Chapeau. Mario Giguère



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