GODZILLA 2014

29
Mai
2014

GODZILLA – Gareth Edwards avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Elizabeth Olsen, David Strathairn, Ken Watanabe, 2014, États Unis, 123m

L’idée était séduisante. Un studio connu pour prendre des icônes au sérieux, qui a touché l’an dernier aux kaijus et un réalisateur dont le premier film était innovateur. L’ensemble est parfois merveilleux, certaines séquences mémorables, mais trop de trous béants dans la logique et j’ai envie de dire « encore une fois », un film pro-américain qui tends à gommer l’original. Certaines situations sont surréalistes. Prenez la manière dont on réinvente une justification pour tous les essais nucléaires américains, la façon dont les premiers morts dus aux radiations atomiques sont des américains dans une centrale japonaise!! Lorsque l’on finit par mentionner Hiroshima et Nagasaki, c’est rapidement et ça ressemble à de l’histoire ancienne. On bourre le scénario de scènes spectaculaires qui plaisent à la moitié de notre cerveau pendant que l’autre crie à l’incohérence comme lorsque qu’un monstre énorme s’est échappé d’un dépôt de déchets nucléaire, gros trou énorme dans une montagne, sans que personne ne s’en rende compte ? Vraiment ? On met en quarantaine pendant quinze ans une île au Japon mais n’importe qui peut y accéder tranquillement en bateau ? On inverse carrément le rôle de Godzilla avec celui de Mothra, le papillon géant japonais qui est le protecteur de la terre et de l’humanité. Godzilla n’est pas une menace, il est notre sauveur, tel un Santo géant qui repart sans demander de remerciements. Il ne fait que son devoir. Je ne suis pas fou non plus des designs de créatures, les petits pieds de Godzilla, comme dans un vieux dessin animé japonais, les Mutos qui semblent avoir été dessinés avec un rapporteur d’angles. Techniquement c’est fortiche, mais malgré que ce soit entièrement numérique, on sent parfois la forme humaine comme canevas, même chez les Mutons. Ce couple de Mutos a une motivation trop déjà vue, je n’en dirai pas plus, mais c’est une cascade d’impressions de déjà vu par moments. Ken Watanabe semble carrément confiné au rôle du « japonais de service », un personnage inclus par politesse, non inspiré, non inspirant, stoïque, mais fade, loin des personnages forts auxquels on est habitués dans le classique de 1954. La musique est conventionnelle. Les rôles féminins presque accessoires. En fait il y a peu de personnages humains forts, le supposé héros de l’histoire n’arrivant pas à faire la seule chose qu’il devait faire avec brillance, retrouvant sa famille presque magiquement.

Il fait quand même bon de revoir le King, il faut l’avouer. Bon, il a l’air plus vieux, comme un boxeur à la retraite qui viens faire un dernier tour de piste et qui s’offre une victoire par K.O. au dixième round, mais lorsqu’il finit par cracher son feu atomique, c’est un moment glorieux et son cri est moins aigu que dans les bandes annonces. Le succès mondial de sa sortie permet au studio d’annoncer une trilogie, alors on verra bien dans quelle direction on va poursuivre. Espérons un réussite plus convaincante, que le charme opère tout le long, que les humains aient l’air un peu plus concernés et vivants et qu’on lui trouve des adversaires plus spectaculaires. En attendant, c’est évidemment un spectacle à ne pas manquer. Mario Giguère

godzilla2014

 



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