GEORGE ROMERO

24
Déc
2017

2017 n’aura pas été tendre pour l’amateur de films de genre et la perte de George Romero en aura attristé plusieurs. Le sympathique réalisateur nous aura laissé le zombie moderne en héritage, pour le meilleur et pour le pire. Lors d’une journée entre amis, nous avons regardé plusieurs films dont ces trois, en plus de Night of The Livi9ng Dead, Dawn of the Dead et Two Evil Eyes.

The CRAZIES aka Cosmos 859 – George Romero avec Lane Carroll, Will MacMillan, Harold Wayne Jones, 1973, États Unis, 113m

Après La Nuit des Morts Vivants, George Romero a réalisé deux films, There’s Always Vanilla et Hungry Wives aka Season of the Witch. En s’éloignant du cinéma de genre et de l’horreur en particulier, le succès n’a pas été au rendez-vous et le réalisateur s’est retourné vers son premier succès pour nous donner The Crazies.

Les militaires essaient de contenir un virus créé par l’armée qui cause une folie meurtrière suivie de la mort pour les infectés. Dans cette petite ville de Pennsylvanie touchée, quelques personnes se rendent compte que ça cloche et décident de contourner les barrages pour survivre.

Encore un virus tombé du ciel, ici d’un avion, contre un satellite dans la Nuit des Morts Vivants. Quelques personnes tentent tout pour survivre, mais le prochaines heures seront éprouvantes et les signes avant coureur de la maladie se rapprochent du stress résultant de la chasse à l’homme. Qui est fou, qui peut retourner son arme contre ses amis ? Tout le monde est rapidement hystérique, malade ou non, et les militaires, tel la horde de chasseurs qui traquaient les zombies, sont sans pitié. SI Romero est toujours efficace pour monter la tension, on frôle parfois la caricature, surtout du coté des militaires et des scientifiques, débordés. La musique, spécialement les tambours militaires, rythment toutes les scènes et peut tomber sur les nerfs. Le casting est, comme souvent à l’époque, doté de comédien inconnus qui campent bien leur rôles, mais on sent une distanciation dans la réalisation, là ou les bouffeurs de chairs restaient dans le drame absolu.

Le film a donc prit un bon coup de vieux, mais je me rappelle aussi qu’à l’époque en salles au Québec sous le titre Cosmos 859, il ne m’avait jamais impressionné autant que Night of the Living Dead, qui ne prend pas beaucoup de rides.

CREEPSHOW 2 – Michael Gornick avec George Kennedy, Lois Chiles, Domenick John, Dorothyy Lamour, Stephen King, 1987, États Unis, 92m

Cinq ans plus tard, le succès de Creepshow nous amène une suite avec George Romeo au scénario d’après des histoires de Stephen King et au poste de réalisateur Michael Gornick, jadis assistant et producteur de Romero. Trois histoires dans le moule des célèbres EC Comics, chers aux créateurs.

Primo: Old Chief Wood’nhead ou une statue d’indien à la porte d’un commerce tranquille est pour ainsi dire témoin du meurtre crapuleux des propriétaires et va s’occuper de les venger. Secundo: The Raft voit des jeunes aller s’amuser sur un radeau au milieu d’un lac.. Ils seront attaqués par une masse biologique qui flotte à sa surface. Tertio: The Hitchhiker ou l’on introduit une femme qui quitte son amant et, retournant à la maison, frappe par accident un autostoppeur qui réapparait sans cesse.

C’est cette dernière histoire qui m’avait le plus frappé, c’est le cas de le dire, l’humour noir et les effets spéciaux étant particulièrement efficaces et Lois Chiles dans le rôle d’Annie, ma foi, bien en formes. La première histoire est trop prévisible et la deuxième, le radeau, malgré les costumes de bain qui ne laissent rien à l’imagination, souffrent du maigre budget de la production et on appréciera plus la nouvelle, terriblement efficace, de King. Vu au cinéma à sa sortie, car dans les années 80, les séries B avaient encore leurs salles dédiées aux programmes permettant à l’amateur de voir autant les productions américaines que celles d’Europe, principalement les Italiens qui savaient nous surprendre. Nostalgie, quand tu nous tiens…

DAY OF THE DEAD – George Romero avec Lori Cardille, Terry Alexander, Joseph Pilato, Jarlath Conroy, Anthony Dileo Jr., Richard Liberty, Greg Nicotero, 1985, États Unis, 96m

Dans un bunker sous terre, un groupe de militaires protège une équipe de scientifiques chargés d’étudier les morts-vivants. La tension est vive, autant les soldats ne veulent que détruire en masse les zombies pendant que l’équipe qui les étudie cherche à les apprivoiser, autant la tension sexuelle entre une bande de soldats misogynes et une seule femme dans ce lieu on ne peut plus propice à la promiscuité fait monter le thermomètre. Lorsque le nouveau chef des militaires découvre les dernières expériences en cours, il pète les plombs.

C’est sur cassette vhs que la plupart des fans de Romero ont finit par voir le troisième film de la saga des morts-vivants. Il faut savoir que Romero, refusant farouchement de soumettre ses films à la commission de la censure, a accepté de réduire considérablement son budget. Déjà aux États Unis, les bonzes de la production cinématographique contrôlent les chaines de cinéma et ont fait fermier une bonne quantité d’indépendants. Il n’y a donc presque plus de salle pour montrer un film non classé, au contraire de la sortie de Dawn of the Dead, à peine sept ans auparavant. Voilà pour le décor réduit au bunker et le scénario amputé de ses scènes les plus dispendieuses. Comme dans Crazies particulièrement, mais partout dans la filmographie de Romero, les forces de l’ordre passent pour des fachos hors de contrôle et c’est dans un climat hystérique permanent que se déroule l’histoire. La vedette inattendue est certainement Bub, le zombie rééduqué par le spécialiste, qui redécouvre des réflexes oubliés de sa vie précédente. Quelques scènes frappantes comme le moment ou il est en train de redécouvrir comment se servir d’une arme ou de saluer correctement les militaires sont annonciatrices de la perte de contrôle totale qui approche. Moment fort, lorsque le plus hargneux des militaires finit entre les mains et les dents des zombies. Anecdotiquement, Greg Nicotero qui travaille de nos jours sur The Walking Dead, est un des soldats. La fin est un mince mélange d’espoir et de nihilisme. Dans un monde ou il n’y a peut-être plus de survivants, comment vont pouvoir vivre quelques naufragés ? À tout le moins le final renvoie à la fin de Dawn of the Dead en montrant les derniers humains se rendant à destination. S’il n’est pas aussi mémorable que Dawn of the Dead, Day of the Dead est un immanquable pour les amateurs du réalisateur et les aficionados de genre. Mario Giguère

 



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