3 CLASSIQUES AMÉRICAINS

31
Déc
2017

En cette fin d’année, 3 classiques méconnus récemment sortis chez Artus Films. Et bonne année 2018 aux lecteurs de la Horde Geek !

AU-DELÀ DE DEMAIN aka BEYOND TOMORROW – A. Sutherland avec Harry Carey, C. Aubrey Smith, Charles Winninger, Alex Melesh, 1940, États Unis, 75m

Un soir de réveillon, trois hommes d’affaires fortunés mais sans famille décident de lancer une invitation particulière, jetant par la fenêtre trois portefeuilles avec un billet de banque et leur carte d’affaires. Deux jeunes gens, James et Jean, sonnent à la porte pour redonner l’argent aux messieurs qui les invitent sur le champ pour réveillonner. Les jeunes tombent amoureux et continuent de fréquenter les trois mécènes. Appelés sur un chantier, leur avion s’écrase, créant la consternation. Le trio se réveille, transparents, et doivent admettre qu’ils sont maintenant de simple fantômes. Ils auront le temps et le devoir de réunir à nouveau le jeune couple, qui s’est séparé depuis leur départ.

La deuxième guerre mondiale est débutée et le monde est sur le point de basculer. Heureusement il y a des gens qui ont encore le sens de la fête. Cette bonhommie contagieuse est virale et il est réconfortant de voir cette histoire sombrer dans le drame pour continuer sur des rebonds inattendus. Je retiens surtout une conception de l’au-delà ou les morts semblent jouir de leur vie de fantôme juste le temps qu’il faut pour que parent et amis de l’autre côté les appellent à les rejoindre. Le bon Dieu, comme on l’appelle à l’époque aura faire des exceptions à ses règles strictes selon le bon vouloir d’une mère qui veut voir son fils et le bon vouloir des scénariste, évidemment. Le jeu des acteurs est enjoué et dramatique, la descente rapide aux enfers terrestres de James étonne, mais ola met sur le dos d’une jolie blonde et de sa naïveté de campagnard. Alors, oui, il y a une dose de clichés bon enfant symptomatique d’une époque lointaine. N’empêche qu’il fait bon de voir les domestiques bien traités, spécialement l’actrice Maria Ouspenskaya, qui jouer l’inoubliable Maleva, un an plus tard, dans le classique Wolfman. Un plaisir non coupable.

Le dvd D’Artus Films offre la version anglaise et les sous-titres français

Les CINQ SURVIVANTS aka FIVE – Arch Oboler avec William Phipps, Susan Douglas Rubes, James Anderson, Charles Lampkin, Earl Lee, 1951, États Unis, 87m

Une femme enceinte, seule, déambule dans un décor dévasté, après que les bombes atomiques aient détruit l’humanité. Dans une montagne, elle découvre un survivant, puis deux hommes en voiture les rejoignent, suivis  d’un dernier homme. Ces gens de milieux et de pensée différentes vont avoir beaucoup de difficulté à cohabiter. La femme traumatisée espère retrouver son mari, le jeune professeur  essaie maladroitement de la séduire, un homme de couleur est détesté par le néo-nazi débarqué à la dernière minute et un banquier malade, on est loin de la cellule familiale ou coopérative d’entraide. Les derniers survivants vont-ils s’entretuer pour terminer la folle histoire de l’auto-destruction anticipée de l’humanité ?

 

Un petit budget noir et blanc tourné dans la maison du producteur, réalisateur et scénariste, des visages inconnus, tout concours à mettre en place un drame post-apocalyptique, annonciateur d’une vague de films dans ce genre rapidement codifié. Le personnage de Susan Douglas Rubens n’est d’ailleurs pas sans rappeler la future Barbara dans La Nuit des Morts Vivants, presque catatonique, incapable de s’adapter à son sort certes traumatisant. James Anderson est parfait en salaud qui refuse de collaborer aux efforts d’agriculture du groupe, se contentant de piller, tuer et de convoiter la femme. Le scénario avance de drame en drame, le nihilisme parcourant le récit de manière implacable.  Le film fut défendu à l’époque par nul autre que François Truffaut dans les Cahiers du cinéma, pour son côté nouvelle vague, tourné loin des studios d’Hollywood. Arch Oboler, plus prolifique écrivain que réalisateur, a entre autres réalisé en 1953 Twonky, un comédie de science fiction sur un homme qui se rend compte que son téléviseur est possédé par une entité du futur, qui m’intrigue pas mal.  Une pièce intéressante pour tout amateur de post apocalyptique.

Offert en version originale anglais avec sous-titres français en option sur le dvd de la compagnie Artus Films

L’ÉTRANGE MR SLADE aka MAN IN THE ATTIC –  Hugo Fregonese avec Jack Palance, Constance SmithByron Palmer, Frances Bavier,  1953, États Unis, 78m

Londres 1888. Celui que l’on surnomme déjà Jack L’Étrangleur a deux victimes à son compote. Mr Slade, pathologiste, arrive très tard dans la demeure des Harley pour louer une chambre et un espace de grenier pour travailler en solitaire sur des expériences. Mme Harley le soupçonne rapidement d’être le tueur recherché, pendant que sa nièce Lilly est attirée par l’homme. Les victimes de Jack s’accumulent pendant que Lilly continue à apprivoiser Slade et commence à le craindre, au moment ou un de ses prétendants, inspecteur de Scotland Yard, veut le coincer coûte que coûte.

Déjà adapté à plusieurs reprises, entre autres par Alfred Hitchcok sous le titre du roman original du roman original de Marie Belloc Lowndes: The Lodger. Cette version reprend les décors, des séquence et la musique de la version de 1944. Le spectateur, comme la mère Harley, se doute dès le début de l’identité de Slade, là n’est pas l’enjeu. Outre la fascination pour le jeu de Jack Palance, c’est bien de savoir quand Mr Harley va ouvrir les yeux et surtout quand la séduisante Miss Lilly va se réveiller. C’est que le personnage, artiste affriolante de cabaret, que l’on peut considérer comme femme volage, ou très indépendante et forte pour son époque, est hautement intriguée par un homme complexe, visiblement tiraillé par son passé. On essuiera pas une larme sur la crapule, mais on tente de le peinturer comme un grand malade mental, torturé psychologiquement pas sa mère, dont il voit un reflet  rédempteur chez Lilly.

La vedette incontestée du film, dans un casting d’ensemble superbe, est évidemment Jack Palance, parfait, qui sera piégé par son physique et cantonné dans des rôles de vilains. Il est triste de lire une courte biographie de Constance Smith pour mesurer le destin tragique de cette écossaise qui avait tout pour connaître une brillante carrière. Toujours est-il qu’elle est elle aussi parfaite dans son rôle. Un film à découvrir. Le dvd d’Artus films offre la version originale anglaise et des sous-titres français.  Mario Giguère

 



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