1984

11
Déc
2014

1984 aka BBC Sunday Night Theatre: 1984 – Rudolph Cartier avec Peter Cushing, Donald Pleasance, André Morrell, Yvonne Mitchell, adapté par Nigel Kneale, 1954, Royaume Uni, 120m, TV

Je n’ai toujours pas lu le classique de George Orwell, écrit en 1948 (d’ou le titre ou l’on inverse simplement les deux derniers chiffres ) sur le totalitarisme. Mais ses enjeux sont très connus, l’oeuvre souvent citée (incroyable quand on pense à l’émission de téléréalité BIG BROTHER) et l’adaptation des années 80 est toujours appréciée. Fort de leur collaboration sur Quatermass et après une adaptation de Wuthering Heights, Nigel Kneale et Rudolph Cartier s’attaquent au chef d’oeuvre d’Orwell.

Peter Cushing joue le rôle de Winston Smith, fonctionnaire dans cette réalité ou Big Brother surveille et contrôle tout. Il se doute de plus en plus que Big Brother n’est pas tout ce qu’il parait être et il écrit en secret son journal intime ou il étale sa rage contre le système. Il tombe amoureux de Julia, sentiment complètement interdit, et vit son idylle dans le secret le plus total, mais Big Brother le rattrape.

Le récit est surprenant, on l’a souvent dit, pour sa vision d’un futur de plus en plus vrai. Les caméras sont partout dans 1984, comme aujourd’hui, et le gouvernement contrôle de plus en plus le moindre geste de nos vies, élève nos enfants et nous conte des mensonges à satiété. Peter Cushing est sublime dans le rôle de Winston, nous faisant vivre ses frustrations, ses rages, sa rébellion. Donald Pleasance est le travailleur moins prudent qui sera le premier « rééduqué ». La mise en scène est très impressionniste dans ses éclairages. Cartier, alors producteur et réalisateur, deux tâches désormais toujours séparées, est en parfait contrôle de son sujet, illustrant une paranoïa frénétique. Nigel Kneale offre la meilleure adaptation réputée du roman, et recevra les foudres du public, choqué par le sujet et l’approche crue. Kneale touchera les même cordes sensibles dans THE YEAR OF THE SEX OLYMPICS et dans un projet refusé qui se rapproche énormément du film SUICIDE CLUB. Magnifique.

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1984 – Michael Anderson avec Edmond O’Brien, Michael Redgrave, Jan Sterling, Donald Pleasance, 1956, Royaume Uni, 90m

Trente ans après une guerre nucléaire mondiale, il reste trois blocs de pays réunissant des populations toujours en guerre et contrôlées par l’état. Winston Smith travaille au ministère de la vérité dans la section fiction. Il réécrit l’histoire selon les directives du gouvernement dirigé par Big Brother. Rédigeant en secret son journal intime, il aimerait bien comploter pour renverser Big Brother et tombe en amour avec Julia. Ils doivent se cacher car les relations entre adultes sont contrôlées comme tout le reste.

Adapté par la BBC deux ans plus tôt, voici la version cinéma, aussi produite en Angleterre, avec un meilleur budget mais légèrement édulcorée. Ce qui frappera le plus c’est la présence fort timide de la chambre 101, endroit ou l’on rééduque les citoyens récalcitrants en les confrontant à leur plus grande peur. Sinon, on reconnait le récit classique et très prophétique du roman de George Orwell. Edmond O’Brien a probablement le physique trop imposant pour le rôle, comparé à Peter Cushing ou John Hurt. Mais le message est toujours aussi fort et on a le regret de percevoir encore et toujours les similitudes avec notre temps moderne. Dans notre époque ou Big Brother est devenu une simple émission de téléréalité, il fait bon se rappeler des enjeux de société plus important que ce voyeurisme continuel. Moins efficace donc que le téléfilm, mais visuellement très intéressant, on pense souvent à une télésérie britannique comme The Prisonner aux motifs et scénario fort similaire. Un classique peu vu car sans fusée ou extraterrestre qu’il fait bon découvrir. Mario Giguère

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